25 juil. 2026

La villa BOUFFIER

 La villa BOUFFIER

Résidence de vacances de la famille BOUFFIER, probablement depuis plus d’un siècle.
C’était une famille lyonnaise aisée. Le père BOUFFIER, celui que j’ai connu, possédait une soierie à Lyon.

C’était toujours un événement quand ils arrivaient en été à Voillans avec leurs grosses voitures, chauffeurs et domestiques, dont Frédo HEME, originaire du village. Pour nous, pauvres petits culs terreux, c’étaient presque des seigneurs. D’ailleurs, pour beaucoup de gens, Madame BOUFFIER était simplement « la Dame », et notre mère ne manquait jamais de nous recommander d’être polis et de ne surtout pas oublier de les saluer.

Pendant leur séjour à Voillans, leurs enfants se mêlaient assez peu à ceux du village. Il existait d'ailleurs une certaine rivalité entre les enfants du « château » et ceux du village. Lorsque les uns et les autres se retrouvaient, les enfants du « château » semblaient parfois se considérer comme appartenant à un autre monde et laissaient transparaître un certain sentiment de supériorité, probablement davantage hérité de leur éducation que de leur caractère.***voir note

Cela se manifestait même à l’église, où je les ai parfois vus assister à la messe du dimanche matin, rentrant de la chasse avec des chaussures pleines de terre. Si l’un de nous s’était permis une telle incongruité, il aurait été montré du doigt et sévèrement critiqué. Mais voilà… eux, ce n’était pas nous.

Il arrivait quand même parfois qu’ils transgressent l’ordre ou les convenances, sauf Jacques, qui était plus âgé. Par contre Marcel, Paul, Madeleine et leurs cousins JOMAIN sautaient à notre passage sur la voiture à échelles, prenaient les guides du cheval et venaient faner le regain avec nous sous la tour du château.

Ma mère était pleine de respect pour ces gens-là, car tous les ans « la Dame » lui apportait de vieux vêtements ou des chaussures de ses enfants. Et comme nous étions plus près de la mouise que de la richesse, les cadeaux étaient toujours les bienvenus.

Dans la même propriété, attenante à la villa, se trouvait un logement qui, à l’époque des vacances, était occupé par la famille CARRIER, les frères de Madame BOUFFIER. Il y avait là, si je me souviens bien, Marcel, Jean et Édouard, ainsi que leur vieille mère.
Tous étaient médecins psychiatres à Lyon. L’un d’eux était le père de Jean et Paul, qui étaient alors encore des enfants, et c’est lui qui acheta le château en 1927 ou 1928.

***Note de François Champroy : Il y a toujours eu, à chaque génération, une espèce de petite guéguerre entre les enfants du « château » et ceux de Voillans. Cette rivalité, qui n'avait rien de bien méchant, faisait presque partie de la vie du village. Elle a aujourd'hui disparu avec le départ des familles Carrier et Bouffier de Voillans.


N'oublions pas ce que la commune de Voillans doit à la famille Carrier.

Entre autres, Paul Carrier a fait preuve d'une grande générosité envers notre village. Deux exemples me reviennent en mémoire.

Le premier concerne l'église de Voillans. Dans les années 1960-1965, le curé Voisard avait décidé de vendre le vieil autel, qui datait de la construction de l'église en 1770, afin de le remplacer par un autel plus moderne, permettant au prêtre de célébrer la messe face aux fidèles.

Aussitôt dit, aussitôt fait : l'ancien autel fut vendu pour la somme de 3 000 francs.

Prévenu par téléphone, Paul Carrier ne supporta pas l'idée de voir ce meuble historique quitter

Voillans. Il racheta donc l'autel au curé et le fit transporter au château.

En 1978, lorsque l'église fut nettoyée et repeinte, les bénévoles qui avaient restauré l'intérieur de l'église souhaitèrent remettre le vieil autel à sa place d'origine. En proposant de le racheter à Paul Carrier, celui-ci répondit qu'il le rendait à la commune, sans aucune contrepartie.

C'est également Paul Carrier qui fit don à la commune de l'alambic à bain-marie avec lequel nous distillons encore aujourd'hui.

Un seul regret subsiste : le grand lustre qui ornait autrefois la nef centrale de l'église. D'après ce que l'on m'a raconté, il se trouverait dans le hall de la sous-préfecture de Vesoul... Y est-il encore ?

Mystère.

Si, par hasard, Monsieur le Préfet du Doubs et Monsieur le Sous-préfet de la Haute-Saône lisaient ces lignes et souhaitaient faire un geste envers notre commune, qu'ils sachent que les habitants de Voillans seraient très heureux de voir ce lustre retrouver un jour sa place dans notre église !



   Arrière de la maison



24 juil. 2026

Maison PROBST Emile

 Maison PROBST Émile

(aujourd’hui disparue – ruine démolie par Daniel BILLEREY)

Le propriétaire était un fromager de nationalité suisse, marié à Jeanne, que l’on appelait « la Dorlette ».
À cette époque, il y avait trois fromageries à Voillans : PROBST, KUHNI et Célestin HEME, dit « Merguet ».

Les PROBST tenaient en même temps café, épicerie, jeu de quilles, et faisaient même danser les jeunes de l’époque avec un vieux phonographe muni d’un énorme pavillon bleu.

Ils possédaient deux énormes chiens, Castor et Pollux, dont j’avais une trouille bleue quand ma mère m’envoyait en commissions.

PROBST fabriquait des petits fromages genre camembert et du beurre, que la Dorlette allait livrer ou expédier à Baume.
Pour cela, elle utilisait une grosse charrette à quatre roues, surmontée d’une plate-forme sur laquelle elle empilait ses caisses d’emballage. Elle y attelait Castor et Pollux, prenait place dessus et, fouette cocher, ça démarrait sur les chapeaux de roues.

Au retour, à vide, elle descendait la côte de Champray à fond de train, mais un jour l’équipage rata le dernier virage du bas (1) et la Dorlette se retrouva dans les épines, avec la charrette et les emballages.
Comme c’était une grosse femme, pas très grande et très lourde, elle eut bien du mal à se sortir de là.

Au départ du couple PROBST pour la région parisienne, la maison fut rachetée par les COQUARD, puis par Daniel BILLEREY.

(1) P-S de F-C : le fameux virage de Champray faisait déjà des siennes, mais à l’époque il n’y avait pas de poteau téléphonique pour arrêter les véhicules ou les chauffeurs en perdition… heureusement pour « la Dorlette ».







23 juil. 2026

"LA FERME" et Chez "Maniguet"

 « LA FERME »

Ancienne propriété Bouffier
Appartient à présent à Élie CHAMPROY et est habitée par son fils Pierre et sa famille.

Lorsque j’étais tout jeune, mes grands-parents l’exploitaient comme fermiers depuis de nombreuses années, plus précisément ma grand-mère Marie et ses fils Joseph, Stéphane et Charles, puisque mon grand-père était décédé.

Mon souvenir le plus ancien concernant cette maison, c’est le rassemblement devant la grange et le départ des hommes mobilisés à la déclaration de guerre en 1914. Ils étaient 10 ou 15, dont mon père, et ce qui m’avait surtout frappé, c’était la présence parmi eux de Paul CURTY qui, étant en permission, partait dans sa tenue de zouave. Son frère Virgile me l’a confirmé quelques années plus tard.

Charles CHAMPROY, mon parrain, ayant été tué en Alsace en 1914, et ma grand-mère étant décédée en 1919 de la grippe espagnole, la ferme fut exploitée par les oncles Joseph et Stéphane.

Presque attenant à la ferme, dont c’est d’ailleurs une dépendance, se trouve un grand bâtiment tout en longueur qu’on appelait :

Chez « MANIGUET »

Du nom, je crois, des anciens propriétaires ou occupants.
La partie logement a été habitée par l’oncle Stéphane, puis par différents commis, dont un vieux Auguste LANOIX, dit « le Noir », qui était presque de la famille tellement il y avait longtemps qu’il était là.
Son défaut : il chiquait, et à l’occasion des battages par exemple, quand tout le monde buvait sur les lieux du travail, on avait toujours une petite hésitation à boire après lui…

P.-S. de F. C. :
La « Ferme » est inoccupée en ce moment, et chez « Maniguet » est habitée (depuis quelques années), après restauration, par Pierre et Nicole CHAMPROY.


Chez MANIGUET, actuellement Pierre CHAMPROY


22 juil. 2026

Cinéma STELLA : CINE-RENCONTRES

 


Maison BIANCHI Auguste

 Maison BIANCHI Auguste

Mitoyenne de la maison FRICHET et située à l’arrière de celle-ci, l’ancienne maison d’habitation de mes grands-parents maternels : Louis BIANCHI et Émilie CORLET, et de leurs enfants : Maria, Félicie, Louis, Jeanne, Marie et Auguste.
Dès la fin de la guerre de 14-18, trois de ceux-ci vivaient encore avec leurs parents.

Mon grand-père, un vieux maçon d’origine suisse, né à Balerna, canton du Tessin, en 1850, donc de langue italienne, était arrivé en France à l’âge de 27 ans, puis à Voillans, où il s’est marié et a été naturalisé français en mai 1905.

Avant la guerre de 1914, il avait construit dans la cour un petit bâtiment à un étage dans lequel il avait ouvert une épicerie. Celle-ci a dû être fermée dès le début de la guerre (mobilisation de Louis Bianchi). Je ne l’ai pas connue en exploitation, mais je me souviens d’y avoir encore vu du sucre en gros morceaux, logé dans des sacs, qu’il fallait casser avec un marteau.

Ancien maçon qui aimait bien reprendre la truelle, mon grand-père m’a un peu initié au métier et j’ai fait avec lui pas mal de petits travaux de maçonnerie sur des maisons à Voillans. À 79-80 ans, il avait des difficultés pour monter à l’échelle, mais arrivé sur l’échafaudage, il était infatigable.

Le bâtiment construit pour l’épicerie est ensuite devenu le logement de la famille Auguste BIANCHI, qui y a ajouté une petite écurie, puis un hangar métallique agricole.
L’ensemble a également été occupé par Pascal COURGEY, petit-fils d’Auguste BIANCHI, dit « Gugu », et de Marie.



21 juil. 2026

Maison de Jeanne et René Champroy

 Maison de Jeanne et René CHAMPROY

C’était anciennement une dépendance de la maison de Charles FRICHET et de sa femme Philomène CHAMPROY.
Cette partie, que l’on appelait « Chez la Manette », était un ancien logement que les FRICHET n’utilisaient plus guère, et qui a été agrandi et aménagé par René et Jeanne.

Je ne ferai pas de commentaire sur les hangars et bâtiments agricoles, car je m’y perdrais ! Je n’ai vu construire que le plus vieux d’entre eux par l’oncle Joseph, père d’Élie et de René. Je crois que c’était en 1927.

Par contre, je me souviens d’avoir amené depuis chez CORDIER, à Baume-les-Dames, les piliers de chêne qui soutiennent les fermes. Je me souviens aussi d’avoir conduit à la scierie VILLEMINOT de Clerval une partie des épicéas de la cure et du cimetière, et de les avoir ramenés en planches de sciage qui ont été utilisées dans le hangar le plus ancien.

Toujours dans l’ex-maison FRICHET, le logement de Marie-Jeanne CHAMPROY.
J’étais encore jeune quand la Philo FRICHET est décédée, laissant son mari Charles seul. Il a donc vécu ainsi assez longtemps, puis mon oncle Stéphane est allé habiter avec lui jusqu’à leur mort à tous deux.



Hangars et bâtiments agricoles
(Jeanne et René, actuellement Yvette)

René et Jeanne CHAMPROY / Ex-FRICHET, maintenant Claude CHAMPROY


Louis Bianchi - Charles Frichet - Stephane Champroy 
Sur le banc en pierre de la maison de chez Claude Champroy 1934