28 juil. 2026

Maison VALET Robert et sa femme Geneviève

Maison VALET Robert et sa femme Geneviève

Elle a été habitée successivement, pendant et après la guerre de 14-18, par Aristide SIMONIN, dit « Tito », sabotier, garde-champêtre et fossoyeur, avec sa fille Virginie, couturière.
À leur départ, ils ont été remplacés par JACOULET, garde-forestier, marié à l’institutrice, mais qui, lui, était sobre comme un chameau. Il jouait parfois du piston chez lui et, quelques fois aussi, du cor de chasse au-dessus des monts d’Hyevre, et on l’entendait depuis le village.
(F-C : c’était le son du cor au fond des bois.)

La maison a ensuite été achetée et habitée par Édouard TRIMAILLE, dit « Piouli », sabotier lui aussi et journalier agricole. C’était un grand bonhomme sec qui jouait également de la flûte. Il était veuf et, paraît-il, assez riche.
À sa mort, sa nièce et héritière, Irma TRIMAILLE, mariée à Charles JEANNERET, a pris possession de la maison. Ils y sont décédés tous les deux. Leur fils unique étant mort au Maroc pendant son service militaire, Robert VALET en est devenu propriétaire.



27 juil. 2026

Cinéma Stella de Baume les Dames : à l'affiche du 28 juillet au 4 août 2026

 Voici le programme du Stella pour cette nouvelle semaine cinématographique ainsi que le lien pour prendre vos places sur le nouveau site en cliquant sur ce lien 

Attention le jeudi la séance est à 20H00



Maison de Charles GUILLAUME, dit "Banna"

Maison de Charles GUILLAUME, dit « Banna »

Ou plutôt maison de la famille de sa femme, Marthe JEANNIN. C’était en effet la maison de sa mère, Marie JEANNIN, née GUILLAUME, sœur de celui que l’on appelait « Bismarck ».

C’est une maison à grand balcon, d’un aspect assez soigné, presque « bourgeois », surtout si on la compare aux maisons rurales voisines de l’époque.

La grand-mère de Marthe, la vieille « Fifine » GUILLAUME, passait une grande partie de ses journées dans une pièce appelée « le cabinet ». Installée près de la fenêtre, souvent légèrement en retrait derrière les rideaux, elle observait attentivement tout ce qui se passait aux alentours et tendait l’oreille à la moindre conversation. Ce poste lui convenait parfaitement, car la maison est située en plein cœur du village, au croisement de plusieurs rues.

La rue descendant de l’église, en particulier, était très fréquentée par une population alors très pratiquante. Messes tôt le matin, vêpres l’après-midi, prières le soir : le va-et-vient était constant, et la vie du village offrait à la Fifine bien des occasions d’observer, d’écouter… et sans doute de commenter.




26 juil. 2026

 Ex-maison Auguste GUILLAUME, surnommée « BISMARCK »

Je n’ai d’ailleurs jamais su pourquoi, pas plus que je n’ai jamais connu l’origine et la raison des sobriquets que portaient beaucoup de gens à cette époque.

BISMARCK était marié à Maria CHAMPROY. Ils avaient vécu longtemps aux Planchottes avant de venir s’installer au village, dans cette maison plus qu’inconfortable.

Elle a été démolie il y a quelques années par Patrick BILLEREY, qui a utilisé une partie des pierres pour construire une maison neuve, un peu en retrait.

25 juil. 2026

La villa BOUFFIER

 La villa BOUFFIER

Résidence de vacances de la famille BOUFFIER, probablement depuis plus d’un siècle.
C’était une famille lyonnaise aisée. Le père BOUFFIER, celui que j’ai connu, possédait une soierie à Lyon.

C’était toujours un événement quand ils arrivaient en été à Voillans avec leurs grosses voitures, chauffeurs et domestiques, dont Frédo HEME, originaire du village. Pour nous, pauvres petits culs terreux, c’étaient presque des seigneurs. D’ailleurs, pour beaucoup de gens, Madame BOUFFIER était simplement « la Dame », et notre mère ne manquait jamais de nous recommander d’être polis et de ne surtout pas oublier de les saluer.

Pendant leur séjour à Voillans, leurs enfants se mêlaient assez peu à ceux du village. Il existait d'ailleurs une certaine rivalité entre les enfants du « château » et ceux du village. Lorsque les uns et les autres se retrouvaient, les enfants du « château » semblaient parfois se considérer comme appartenant à un autre monde et laissaient transparaître un certain sentiment de supériorité, probablement davantage hérité de leur éducation que de leur caractère.***voir note

Cela se manifestait même à l’église, où je les ai parfois vus assister à la messe du dimanche matin, rentrant de la chasse avec des chaussures pleines de terre. Si l’un de nous s’était permis une telle incongruité, il aurait été montré du doigt et sévèrement critiqué. Mais voilà… eux, ce n’était pas nous.

Il arrivait quand même parfois qu’ils transgressent l’ordre ou les convenances, sauf Jacques, qui était plus âgé. Par contre Marcel, Paul, Madeleine et leurs cousins JOMAIN sautaient à notre passage sur la voiture à échelles, prenaient les guides du cheval et venaient faner le regain avec nous sous la tour du château.

Ma mère était pleine de respect pour ces gens-là, car tous les ans « la Dame » lui apportait de vieux vêtements ou des chaussures de ses enfants. Et comme nous étions plus près de la mouise que de la richesse, les cadeaux étaient toujours les bienvenus.

Dans la même propriété, attenante à la villa, se trouvait un logement qui, à l’époque des vacances, était occupé par la famille CARRIER, les frères de Madame BOUFFIER. Il y avait là, si je me souviens bien, Marcel, Jean et Édouard, ainsi que leur vieille mère.
Tous étaient médecins psychiatres à Lyon. L’un d’eux était le père de Jean et Paul, qui étaient alors encore des enfants, et c’est lui qui acheta le château en 1927 ou 1928.

***Note de François Champroy : Il y a toujours eu, à chaque génération, une espèce de petite guéguerre entre les enfants du « château » et ceux de Voillans. Cette rivalité, qui n'avait rien de bien méchant, faisait presque partie de la vie du village. Elle a aujourd'hui disparu avec le départ des familles Carrier et Bouffier de Voillans.


N'oublions pas ce que la commune de Voillans doit à la famille Carrier.

Entre autres, Paul Carrier a fait preuve d'une grande générosité envers notre village. Deux exemples me reviennent en mémoire.

Le premier concerne l'église de Voillans. Dans les années 1960-1965, le curé Voisard avait décidé de vendre le vieil autel, qui datait de la construction de l'église en 1770, afin de le remplacer par un autel plus moderne, permettant au prêtre de célébrer la messe face aux fidèles.

Aussitôt dit, aussitôt fait : l'ancien autel fut vendu pour la somme de 3 000 francs.

Prévenu par téléphone, Paul Carrier ne supporta pas l'idée de voir ce meuble historique quitter

Voillans. Il racheta donc l'autel au curé et le fit transporter au château.

En 1978, lorsque l'église fut nettoyée et repeinte, les bénévoles qui avaient restauré l'intérieur de l'église souhaitèrent remettre le vieil autel à sa place d'origine. En proposant de le racheter à Paul Carrier, celui-ci répondit qu'il le rendait à la commune, sans aucune contrepartie.

C'est également Paul Carrier qui fit don à la commune de l'alambic à bain-marie avec lequel nous distillons encore aujourd'hui.

Un seul regret subsiste : le grand lustre qui ornait autrefois la nef centrale de l'église. D'après ce que l'on m'a raconté, il se trouverait dans le hall de la sous-préfecture de Vesoul... Y est-il encore ?

Mystère.

Si, par hasard, Monsieur le Préfet du Doubs et Monsieur le Sous-préfet de la Haute-Saône lisaient ces lignes et souhaitaient faire un geste envers notre commune, qu'ils sachent que les habitants de Voillans seraient très heureux de voir ce lustre retrouver un jour sa place dans notre église !



   Arrière de la maison



24 juil. 2026

Maison PROBST Emile

 Maison PROBST Émile

(aujourd’hui disparue – ruine démolie par Daniel BILLEREY)

Le propriétaire était un fromager de nationalité suisse, marié à Jeanne, que l’on appelait « la Dorlette ».
À cette époque, il y avait trois fromageries à Voillans : PROBST, KUHNI et Célestin HEME, dit « Merguet ».

Les PROBST tenaient en même temps café, épicerie, jeu de quilles, et faisaient même danser les jeunes de l’époque avec un vieux phonographe muni d’un énorme pavillon bleu.

Ils possédaient deux énormes chiens, Castor et Pollux, dont j’avais une trouille bleue quand ma mère m’envoyait en commissions.

PROBST fabriquait des petits fromages genre camembert et du beurre, que la Dorlette allait livrer ou expédier à Baume.
Pour cela, elle utilisait une grosse charrette à quatre roues, surmontée d’une plate-forme sur laquelle elle empilait ses caisses d’emballage. Elle y attelait Castor et Pollux, prenait place dessus et, fouette cocher, ça démarrait sur les chapeaux de roues.

Au retour, à vide, elle descendait la côte de Champray à fond de train, mais un jour l’équipage rata le dernier virage du bas (1) et la Dorlette se retrouva dans les épines, avec la charrette et les emballages.
Comme c’était une grosse femme, pas très grande et très lourde, elle eut bien du mal à se sortir de là.

Au départ du couple PROBST pour la région parisienne, la maison fut rachetée par les COQUARD, puis par Daniel BILLEREY.

(1) P-S de F-C : le fameux virage de Champray faisait déjà des siennes, mais à l’époque il n’y avait pas de poteau téléphonique pour arrêter les véhicules ou les chauffeurs en perdition… heureusement pour « la Dorlette ».